15 novembre 2010

Mes pieds se noient ce matin


Mes pieds se noient ce matin
Dans le premier bain plein bave
L'évier de toilette bée
Reflet de nos brosses à dents
Les marais visitent les meilleurs

Mon propriétaire à la fenêtre
Ses roues, sa cabine dans le salon
Ses sous-sols de nappes d'eaux d'ours
Ses fenêtres d'halène d'hivers
Remplies de coussins froids
Plafonds crevacés murs mous

La neuvième porte du plafond
Au rat aigu d'y passer
Momifié d'un corset
Je suis dans mes couvertures mousses
Du froid sous les étages
La sécheuse sur les tuyaux
La fatigue de la sécheuse
La sécheuse aux poulies qui crient
En chorale du rat

L'électricité hoquet
Lordinateur en tranches
Le réfrigérateur noir
Réseau des pôles
Des vitres mobiles
Je paie des longueurs
Qui existent invisiblement
Pour se payer

Et beaucoup ailleurs ont marché
Enduré
Pilé pire
Les pieds tombés piles
Dans le normal

RTC ETC.


J'empereur un peu de votre temps
M'assois à l'arrière d'un bras
Au coude Bombardier
Aux caméras collées
Les yeux dans mon peuple

Des oreilles boutonnées
Des chaises électriques
Des corps dans leurs collections
Des yeux cercles vissés
Chacun est en lui-même, chacun est en lui-même etc.
Je crie à ma tête d'être
Lui fixe mon stéthoscope

Les points cardinaux plus plates les uns que les autres
L'autobus perd du monde par les portes

Des bras en grilles ses bras en quantité
Des bras ondulés, cellulaires
Le monde tombant des portes
L'avenir pareil
Et l'autobus court-circuit
L'infini intestinal
L'infiniment grand, l'infiniment petit

Les armes de fatigue


Et tandis que je prends inexplicablement cette banane
La lève à la paie dans le monde
Je demande votre participation pour rater mon discours

" La fatigue nous rend normaux "

Mais imaginez la banane volant au Texas
À demi-tour
Le ciel à travers nos têtes

Je dédis tous les discours qui suivront
À suivre

Deux personnes écrivent toujours Je
Le poète et le suicidaire
Il faut parfois suicider le poète